Tour de Chanac en Lozère

Patrimoine classé Patrimoine défensif Tour

Tour de Chanac

  • Rue du Lotissement Palmier
  • 48230 Chanac
Tour de Chanac
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Tour de Chanac 
Crédit photo : Auteur inconnu - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1194
Construction initiale
1220
Prise par l'évêque
4e quart XIIe siècle, 1er quart XIIIe siècle
Construction du donjon
1580-1581
Possession huguenote
24 août 1696
Incendie du château
1793
Destruction révolutionnaire
19 mars 1993
Inscription monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Donjon (cad. B 309) et terrain d'assiette du château (cad. B 310 à 312, 323) : inscription par arrêté du 16 août 1993

Personnages clés

Bérenger IV Roi d'Aragon ayant ordonné la construction du château en 1194.
Guillaume IV de Peyre Évêque de Mende ayant pris possession de Chanac et fait édifier le donjon en 1220.
Mathieu Merle Chef protestant ayant possédé la forteresse de 1580 à 1581.
Jean de Salas Responsable de la construction de la tour de l'horloge.
François-Placide de Baudry de Piencourt Évêque ayant fait réparer la forteresse après l'incendie de 1696.
Jean-Arnaud de Castellane Évêque ayant occupé le château et tenté de fuir la Révolution.
Marc Antoine Charrier Chef contre-révolutionnaire ayant pris le château en 1793.

Origine et histoire de la Tour

Le château de Chanac, situé sur la commune de Chanac en Lozère, est un ancien château féodal dont il ne subsiste aujourd'hui que le donjon, une tour et des vestiges de remparts. Établi sur un promontoire en bordure du Lot, l'ensemble comprenait autrefois le donjon, la tour de l'horloge et des enceintes, la tour et les fortifications ayant été construites en brique. Le donjon, seul vestige majeur, est bâti en moellons équarris de calcaire à assises régulières ; il a une base carrée et comporte une salle à chaque niveau, desservie par un escalier aménagé dans la maçonnerie. L'élévation comprend quatre niveaux : un rez-de-chaussée voûté en berceau, un premier étage autrefois voûté, un second étage aujourd'hui planchéié et un dernier étage voûté, et le donjon est entouré d'un fossé qui le relie à la tour de l'horloge. Entre les XIIe et XIIIe siècles, les rois d'Aragon, qui possédaient une grande partie des fortifications de la vallée, furent peu à peu dépossédés par les évêques de Mende ; de par sa position centrale dans la vallée, Chanac devint un maillon important de cette lutte et passa aux mains de l'évêque au début du XIIIe siècle. La construction du donjon se situe entre la fin du XIIe et le début du XIIIe siècle ; il est aussi rapporté qu'un château aurait été élevé sur ce promontoire par la Couronne d'Aragon, construction qui remonterait à 1194 sous le règne de Bérenger IV. En 1220, Guillaume IV de Peyre, évêque de Mende, profita de la croisade des Albigeois pour prendre possession de Chanac et fit édifier le donjon encore visible ; les évêques s'en servirent ensuite de résidence d'été pendant plusieurs siècles. Durant la guerre de Cent Ans, Chanac figura parmi les rares châteaux du Gévaudan qui ne furent pas pris par les Anglais ni par les routiers, tandis que pendant les guerres de Religion la forteresse passa tour à tour entre les mains des catholiques et des huguenots, Mathieu Merle l'ayant possédée de 1580 à 1581. C'est à cette époque, par l'intermédiaire de Jean de Salas, que la tour de l'horloge fut construite ; elle constitue l'un des plus anciens exemples connus dans le Gévaudan. Pendant la Ligue, Philibert d'Apchier tint la place en 1591 avant qu'elle ne revienne aux royalistes. Le 24 août 1696, un grand incendie ravagea le château et les habitations de Chanac ; l'évêque François-Placide de Baudry de Piencourt fit ensuite réparer la forteresse, en aménagea le confort et instaura une glacière approvisionnée en blocs de glace prélevés sur le Lot. D'importants agrandissements réalisés à la fin du XVIIe ou au début du XVIIIe siècle ne sont connus que par les documents d'archives. À partir de 1767, l'évêque Jean-Arnaud de Castellane occupa le château ; en 1790 il s'y réfugia pour fuir la Révolution, y demeura deux ans, tenta de s'enfuir puis fut repris et assassiné avant d'avoir pu quitter la France. Après avoir d'abord été gardé par les révolutionnaires, le château fut pris par les contre-révolutionnaires du Gévaudan menés par Marc Antoine Charrier le 30 mai 1793, repris par les révolutionnaires le 2 juin, puis incendié durant la nuit : le site fut alors abandonné à son sort. Les vestiges visibles aujourd'hui sont le donjon, la tour de l'horloge et des portions de remparts. Le château de Chanac est inscrit au titre des monuments historiques depuis le 19 mars 1993.

Liens externes